L’écrivain public a longtemps eu la même mission : faire le lien entre l’administration (publique et/ou religieuse) et les individus. Au cours de l’histoire, la profession a évolué, muté, parfois régressé, pour finalement se diversifier !
Petit retour sur le métier, de l’Antiquité à aujourd’hui.
Pour la petite histoire
Les premiers écrivains publics, vous les connaissez tous : il s’agit des scribes de l’Égypte antique. Fonctionnaires recrutés et payés par l’état, ils occupent diverses fonctions et retranscrivent par écrit les lois, les informations administratives et les textes religieux. Jouissant d’une position privilégiée dans la société majoritairement analphabète, ils assurent aussi un soutien à la population en écrivant et lisant des courriers pour celleux qui ne peuvent le faire.

En Gaule celtique, ce sont les druides et les bardes qui, les premiers, assurent ces fonctions (en dehors des enseignements religieux, pour lesquels la transmission orale est privilégiée car considérée comme sacrée).
Ils sont remplacés par les moines au IIIe siècle, lors de la christianisation de la Gaule. À cette époque, et pendant longtemps, l’écriture est réservée aux couches supérieures et éduquées de la société. Elle est surtout utilisée par les pouvoirs publics et religieux. Les moines écrivent en latin, une langue difficile d’apprentissage.
Au XIIIe siècle, le métier se développe en même temps que les échanges commerciaux. L’illettrisme est toujours important, y compris parmi les classes bourgeoises. L’écrivain public rédige alors les accords, les contrats et les lettres ne nécessitant pas l’intervention d’un juriste, plus onéreux.
Au XVIIe siècle, le fort taux d’illettrisme en France contribue au développement et à l’évolution de la profession. La clientèle de l’écrivain public se diversifie avec l’essor des biographies, très demandées par les familles aisées.
La profession recule après la révolution, impactée progressivement par l’arrivée des instituteurs dans les campagnes, puis l’instauration de l’instruction obligatoire. Forcée d’évoluer encore une fois, elle se concentre sur la rédaction d’écrits officiels.
L’écrivain public aujourd’hui
Depuis les années 80, grâce au développement de la communication écrite, le métier retrouve un second souffle et se diversifie pour s’adapter aux nouveaux besoins du public.
Aujourd’hui, le nombre de personnes illettrées en France recule de plus en plus : elles représentaient encore 7 % des adultes en 2013, mais seulement 4 % en 2022. Néanmoins, 10 % des 18-65 ans rencontrent encore des difficultés à l’écrit en français.
Mais l’écrivain public (ou écrivaine publique) n’accompagne pas uniquement les personnes illettrées ! S’il peut aider les personnes en difficulté à réaliser des démarches administratives, il est surtout sollicité aujourd’hui par les particuliers pour rédiger ou aider à rédiger des écrits importants : lettres officielles, écrits contractuels ou administratifs, discours, CV et lettres de motivation, testaments, etc.
Pour les entreprises, il rédige discours, comptes rendues, procès-verbaux, supports de communication, lettres et monographies.

Il peut aussi corriger des travaux étudiants tels que des mémoires de fin d’études ou des thèses.
Enfin, l’écrivain public diversifie souvent son activité en proposant d’autres prestations liées à l’écriture : ateliers, rédaction de biographies (personnelles, familiales, professionnelles ou d’entreprise), formation en expression écrite, etc.
